Dans l’actu – Des victimes du travail témoignent dans « Les sentinelles »

Clotilde de Gastines
Article Web - 23 mai 2016

Victimes de l’amiante ou de pesticides, des travailleurs racontent leur histoire dans un documentaire de Pierre Pézerat, "Les sentinelles". Le réalisateur y rend également hommage aux combats de son père, le toxicologue Henri Pézerat.

En 1974, les ouvrières occupent l’usine de filage et tissage d’amiante Amisol, établie à Clermont-Ferrand, pour réclamer sa réouverture. Mais le jour où une équipe de scientifiques, dont fait partie Henri Pézerat, toxicologue au CNRS, les informe de la dangerosité de l’amiante, elles changent de combat et obtiennent des examens médicaux, qui révèlent des plaques pleurales chez une trentaine d’entre elles. Henri Pézerat « nous a aidé à compter les morts », témoigne l’une des anciennes salariées, Josette Roudaire. Une dizaine d’années plus tard, elles fondent la toute première association des victimes de l’amiante : le Comité amiante prévenir et réparer (Caper).

« Sentinelles du milieu environnemental »

Dans un documentaire intitulé Les sentinelles, le réalisateur Pierre Pézerat revient sur les combats de son père, décédé en 2009, combats que poursuit aujourd’hui l’association qui porte son nom. Amiante, chimie, plomb, nucléaire… Henri Pézerat a suivi et accompagné toutes les victimes de maladies professionnelles. « Les ouvriers en milieu de travail sont en fait, au niveau des risques, des sentinelles du milieu environnemental », disait-il dans une interview à France Culture en 2000. Leur mobilisation et la médiatisation de leur lutte ont créé un contre-pouvoir qui a permis d’obtenir des expertises scientifiques et des mesures d’interdiction.

« Chacun d'entre eux raconte, des années 1970 à 2015, les rencontres décisives, l'interdiction de l'amiante et le rôle joué par mon père », explique le réalisateur, qui a choisi de mêler aux voix des victimes de l’amiante celles de l’agriculteur Paul François et des salariés de l’entreprise agroalimentaire Nutréa-Triskalia, intoxiqués par des pesticides. Le film dénonce la stratégie du doute déployée par les industriels et leurs lobbies, la collusion entre ceux-ci et des experts scientifiques et une certaine passivité de la médecine du travail et de la Sécurité sociale, notamment agricole.

Financé grâce à une campagne de crowdfunding (financement participatif), le film sert de support à des rencontres et des débats organisés à la demande d’associations de victimes, en attendant une diffusion à la télévision et en salles, actuellement en négociation.

CONFLIT AUTOUR DE L’EXPERTISE CHSCT À L’HÔPITAL

Passer par un appel d’offres pour choisir l’expert CHSCT ? La question est un véritable serpent de mer. Le 10 février dernier, la Fédération hospitalière de France (FHF) interrogeait la direction des Affaires juridiques de Bercy à propos l'impact de la réforme du droit de la commande publique sur les expertises demandées par les CHSCT des établissements publics de santé. Ce courrier, mis en ligne sur le site de la FHF, a bondir le Syndicat des experts agréés CHSCT (SEA CHSCT). « La FHF tente de limiter les prérogatives des CHSCT du secteur hospitalier public », s’insurgent les experts dans un communiqué daté du 13 avril. Rappelant que l’affaire avait été tranchée par une décision de la Cour de cassation en 2011, le syndicat soutient qu’en aucun cas le CHSCT « n’est soumis aux règles de la commande publique et qu’il est donc libre de son choix, dans des formes et des procédures qui lui appartiennent ».

 

 

A LIRE AILLEURS SUR LE WEB

Force ouvrière analyse le bilan de l’Agence technique d’information hospitalière (ATIH) sur l’absentéisme et les heures supplémentaires dans les hôpitaux de plus de 300 agents et dénonce les approximations sur les accidents de travail et maladies professionnelles.

– Une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) montre que « l'augmentation de la contribution des entreprises au coût des TMS a eu pour effet de limiter l’incidence de ces maladies », ce qui se traduit par une baisse du nombre de jours d’arrêt de travail.

Clotilde de Gastines
Article Web - 23 mai 2016
 Commentaires
luci2, le 25/05/2016 à 12:14
J'ai étudié la Médecine du Travail sous toutes ses formes (Conditions de Travail,Législations...Droits et Devoirs Salariés/"Patrons" et/ou Encadrement salarié.
Et aussi bien en HIMT (Industrie/BTP... qu'en Médecine Agricole (Tours : I/.N/M.A )
Aujourd'hui,Même le CNOM s'inquiéte sérieusement au sujet de la Santé des Salariés eau regard de la "casse" -à mo,n sens- de La Médecine du Travail. / Qu'en penserait VILLERME ???
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