Pour plus d'égalité femmes-hommes

Laurence Théry, directrice du travail
Santé & Travail n° 098 - avril 2017
couverture
Ces lobbies qui nous intoxiquent
avril 2017

Pour lutter contre les inégalités, il faut d'abord bien les caractériser. S'agissant de celles pesant sur les femmes, il y a encore du chemin à faire. Ainsi, le 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes, la mobilisation a porté sur les questions des salaires et de l'accès à l'emploi, certes importantes. Mais les effets sur la santé des conditions de travail et d'emploi réservées aux femmes ont été oubliés.

Plusieurs facteurs contribuent à cette invisibilité. Les données sur les accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité sociale sont peu disertes sur le sujet. Pourtant, leur analyse approfondie révèle que, si le nombre d'accidents du travail a diminué de 30,1 % pour les hommes sur la période 2000-2015, il a augmenté de 33,2 % pour les femmes. Idem pour les maladies professionnelles, qui ont crû de 110,4 % sur cette période pour les deux sexes, à ceci près que celles des femmes ont augmenté presque deux fois plus vite.

Le système de reconnaissance des maladies professionnelles, par construction, exclut de nombreuses pathologies, tendant à les rendre invisibles, pour les hommes comme pour les femmes. Mais ces dernières ont souvent plus de difficultés à faire reconnaître leurs maladies. Elles sont pourtant exposées à des risques spécifiques, en lien notamment avec une répartition sexuée des tâches et activités. Ainsi, les ouvrières, qui représentent 19 % des ouvriers, sont davantage cantonnées dans des travaux peu qualifiés, parcellisés, répétitifs et sous contraintes de temps. Dans les services, où 55 % des effectifs sont féminins, les femmes sont concentrées sur un nombre restreint de métiers (administration, éducation, soin), sur des activités chargées émotionnellement, tout en étant exposées à des organisations du travail peu compatibles avec leur réalisation, combinant irrégularité des horaires, statuts précaires et logiques gestionnaires.

Il est temps de reconnaître les risques auxquels les femmes sont exposées, si l'on veut vraiment sortir des rapports de domination entre les sexes.

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